Revue de presse : avis de tempête sur le monde bancaire

 

Dans un récent article publié dans Les Echos, Yves Eonnet dresse un portrait sans complaisance du système bancaire actuel, qu’il estime incapable de faire face au prochain tsunami numérique. En cause : une conception dépassée de la relation client. Un point de vue loin d’être isolé.

 

Yves Eonnet fait partie des meilleurs spécialistes français des transactions bancaires. En tant que responsable de l’innovation chez Schlumberger/Gemalto, il a œuvré au succès de la carte à puce. Puis il a depuis créé TagPay, qui apporte tous les services financiers d’une banque directement sur le mobile du client​

 

Dans un article publié sur le site des Echos, il se livre à une analyse très pessimiste de la capacité des banques à faire face aux nouveaux enjeux de la digitalisation. Il s’appuie notamment sur une récente étude annuelle de Bain & Company sur la mobilité bancaire qui montre qu’ « un client sur quatre se déclare prêt à changer de banque dans les douze prochains mois et l'on frôle même le un sur trois pour les clients des grandes banques traditionnelles. Chez ces dernières, les indicateurs de satisfaction clients se sont fortement dégradés. »

 

En cause : un système logiciel trop ancien, lourd à faire évoluer, surtout quand on le compare à la rapidité d’action des Gafa, qui lorgnent de plus en plus sur l’activité de bancassurance. « A l'inverse de ces nouveaux géants de l'ère Internet, la banque repose sur un socle technique d'un autre âge et promis à l'obsolescence. Le poids des années commence sérieusement à peser sur son core banking system (système bancaire central), conçu et codifié dans les années 1970 grâce à des langages inventés en 1959 (le Cobol) et 1954 (le Fortran)… »

 

Ce point de vue n’est malheureusement pas isolé. Dans son best seller The Industries of The Future (Editions Simon & Schuster, 2017), Alec Ross rappelle que la crise des Subprimes de 2008 aurait peut-être pu être évitée si l’infrastructure logicielle des banques, au lieu d’être construites en silo, avaient pu communiquer entre elles. La complexité galopante de flux financiers de plus en plus volumineux exige – au plus vite ! – une gestion unifiée, cohérente, homogène.

 

A lire en intégralité ici : https://www.lesechos.fr/amp/23/2220123.php

 

 

 

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Philippe GUIHENEUC